En chemin vers la bienveillance.

12 nov

Voilà plus d’un an et demi que ma vie à pris un virage à 360 degrés.

Il m’a fallu de nombreux mois pour cheminer vers un moi plus posé, plus zen, plus ouvert et plus en accord avec ma nouvelle vie.

En découlera le chemin vers l’éducation bienveillante.

J’ai toujours été angoissée et stressée. Toujours peur de beaucoup de choses. Fragile.

Quand je suis arrivée dans ma nouvelle vie, à 734 km de chez « moi », loin de mes repères, ma famille et mes amis, mes émotions se sont décuplées. Comme si il fallait que je m’énerve contre je ne sais quoi, d’avoir tout quitter pour lui.

Je m’énervais beaucoup. Pour un oui. Pour un non. A chercher la petite bête là ou il n’y en avait pas. A faire pâtir à toute la famille, mon mal-être. Un mal-être très contradictoire car j’étais heureuse d’être là. C’est ce que j’avais voulu, ce qu’on avait voulu.

J’étais cette maman qui avait la gueulante très facile. Crier, crier, pester. Bousculer, claquer les portes. J’ai honte de coucher ces mots là. Maintenant. Mais parfois il est bon de repenser à ce pourquoi on a réussi à cheminer. Je me défoulais parfois en faisant la gueule pour oui. Pour un non. Fermée à tout. Même à lui. Mon tout, mon Amour.

Au bout de quelques mois on m’a conseillé deux bouquins de Isabelle Fillozat, que j’ai lu en un rien de temps.Et j’ai eu une révélation. Un peu genre Alleluiaaaaaaaaaaaaa.

Là, a commencé mon long long chemin.

J’ai alors compris que mes enfants n’étaient pas des tyrans, sans cœur et que non ils ne me voulaient pas de mal. Qu’il ne faisait pas exprès d’être CHIANTS.

J’ai alors pris le problème dans l’autre sens : et si c’était moi le souci ?

Fallait juste y penser, et y réfléchir.

J’ai commencé à penser à mes émotions des derniers mois. De la colère, de la frustration et beaucoup de changement dans ma vie.

A commencer par une séparation, une vie de maman solo, la mort d’un ami, puis mon déménagement. Moi qui n’aimais pas trop le changement, je peux dire que j’ai été servie.

Et c’est pas facile de réaliser ses erreurs. La peur parfois dans leurs yeux car le ton montait beaucoup trop. Je ne me le pardonnerai jamais. Des cris, des engueulades pour rien. Des « putain ils me font chier ces gosses », et je peux vous dire que de l’écrire ça fait MAL. J’ai été parfois dure. Trop dure.

Il a fallut que ça fasse son chemin. J’ai d’abord trouvé des choses pour m’occuper, comme tricoter, faire du tissage, décorer la maison. Me faire des amies ici, et discuter de ce qui me pesait.

J’ai aussi décider de ne plus me faire bouffer par mes émotions.

Car souvent la coupe pleine, je n’étais plus du tout APTE à recevoir leurs émotions à eux.

Pas apte à voir qu’ils étaient fatigués par leur journée, pas apte à comprendre qu’ils préféraient tel pull à celui là et qu’au fond ce n’était pas si grave,  ni à entendre qu’ils voulaient de l’aide pour s’habiller. Je n’étais plus apte.

Alors j’ai décidé d’arrêter toutes ces conneries. D’arrêter d’être celle qui gueule, qui puni et qui gronde. Celle qui.

Qui pleurait parfois en cachette, tellement cet ouragan me dépassait.

J’ai décidé de faire des petits pas, et d’avancer. De me mettre à leurs hauteurs. Et de savoir ce qu’ils ressentaient dans leur cœur, pour essayer de désamorcer une crise naissante.

De négocier les choses en les y amenant différemment. De les entourer de mes bras quand il y avait une colère, de leur répéter tout mon amour pour les apaiser.

Et petit à petit la magie a commençait à opérer. Tranquillement.

Prendre du temps pour soi et vider son réservoir d’émotions, pour accueillir les leurs.

Puis j’ai monté ma petite auto-entreprise. Faire des choses en dehors de la maison. Pour moi.

Je ne dis pas que c’est tous les jours faciles mais j’avance.

Maintenant quand je sens la mayonnaise monter, je me pose la question « Attention tu va t’énerver mais est-ce vraiment pour les bonnes raisons ? ». Et bien souvent non. Je vais m’énerver car je ne suis pas bien. Il y a milles raisons d’être en colère ou triste. Un mal de tête, un chéri qui rentre tard, une mauvaise nouvelle, un manque de sommeil, un enfant qui chouine. Milles raisons et vous le savez aussi bien que moi. Alors maintenant je me pose la question, et j’essaie de mettre de coté mon émotion et j’essaie de ne pas sur-réagir.

Alors je dis pas que c’est gagné  tout le temps, mais j’avance tranquillement et ça va beaucoup mieux.

Et j’en parle. Mes progrès, et j’en suis fière oui.

Alors je ne dis pas que j’ai tout juste, et je sais qu’encore parfois, les émotions prennent le dessus. Mais si c’est le cas, je m’en excuse et je leur explique que je n’étais pas bien et que j’ai exagéré. Et ils comprennent.

J’espère ne pas être juger. Mais il fallait que je vous parle de tout ça car cheminer vers la bienveillance a été une révélation pour moi. Car non seulement on devient bienveillants avec ces enfants, mais avec les autres aussi. Je me sens plus bienveillante envers mon amoureux, et envers moi.

Ce billet est pour vous, et j’espère qu’il aidera certains/certaines d’entre vous. Car je sais combien parfois on peut se sentir mal d’avoir trop crier, ou de s’être énervée sans trop de raisons. Avoir honte. Avoir envie de partir loin.

L’autre jour mon fils m’a dit : « Tu sais maman, moi j’aime pas quand tu choisis pour moi. J’aime avoir le choix. » 

Et il a raison. Car moi aussi, j’aime quand on me laisse le choix . Mes choix.

Maintenant, un jour sans crier est une grande victoire.

Chaque jour sans crier apaise mon âme. Et la leur.

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

No comments yet

Laissez moi un commentaire