La séparation longue distance père-enfant : nos coulisses.

8 Oct

Voilà plusieurs temps que je voulais parler de ma nouvelle vie mais côté coulisse. J’entend par là, l’organisation de ma vie autour de celle de mon fils et de son papa.

Comme tu le sais, je vis désormais à 700 km de ma ville d’origine, mon Babi étant donc maintenant aussi à 700 km de son papa.

Suite à de nombreuses questions, je me décide à mettre carte sur table, et expliquer le pourquoi du comment. Pourquoi j’en suis là, et comment on fait. Nous tous, à gérer la situation.

Fais toi un café, un thé car il y a du pavé aujourd’hui.

A la genèse de tout ce bordel, il y a la séparation avec le papa du Babi, puis ma rencontre avec mon amoureux, puis la décision. La « meilleure » qu’il soit pour tous était que moi je déménage, mon Babi sous le bras.

Je n’ai pas pris ma décision sur un coup de tête, comme on décide de s’acheter une paire de converses. Il m’a fallu passer par un cheminement, pour accepter que cette solution était la plus simple, même si elle n’était la plus équitable pour tous.  Il m’a fallu, travailler sur moi et accepter le fait que j’allais, malgré moi, faire souffrir le papa de mon fils. Mais qu’il le fallait, égoïstement. Pour moi, pour repartir à zéro et enfin dessiner un avenir avec mon amoureux.

Le Papa a été d’accord, du moins..il a subit ma décision. La seule condition que j’ai mise en avant, c’est que je m’engageais à lui amener le Babi tous les quinzes jours. Il était indispensable pour moi et surtout pour mon fils, que le lien avec son papa ne soit pas juste pendant les vacances.

Concrètement voilà comment cela s’organise :

  • Entre chaque vacances, je prend l’avion tous les 15 jours. Le Babi loupe l’école le vendredi et le lundi lorsque nous partons. Nous prenons l’avion le vendredi assez tôt et comme l’aéroport se trouve à 1h30 de la maison…jte fais pas de dessins. Fatigue, stress, route et gérer un enfant fatigué.
  • Financièrement un billet d’avion me coûte entre 130 et 180 euros selon les périodes. Plus le parking à 30 euros, plus le péage à 24 euros. Un gouffre en somme.
Je dirais qu’à ce stade, c’est une difficulté, non insurmontable certes, mais ça en est une. Disons que c’est lourd, mais je dois faire avec. C’est comme ça.
Heureusement que les vacances scolaires sont là, pour casser un peu le schéma et nous permettre d’être plus « souples ».
Ne travaillant pas encore, quand vient le temps des vacances, lorsque mon chéri dépose sa Marmotte à sa maman ; le Papa du Babi (si il n’a pas pu avoir de congés) nous récupère à mi-chemin. Ainsi je passe les vacances chez mes parents, avec le Babi qui peut voir son papa du coup le soir quand il le souhaite ainsi que les week-end. Voilà notre organisation. Concrètement.
Comment gérer la distance ?
Pour le Babi, il appel son Papa en facetime chaque soir (dans la mesure du possible biensûr). Les appels durent en moyenne entre 15 et 40 minutes. Cela lui permet, de lui raconter sa journée, de lui lire une histoire, lui montrer ses jouets etc…Ainsi c’est un peu comme si, son papa lui rendait visite chaque soir…le tactile en moins.
Dans la chambre du Babi, se trouve un cadre avec toute la famille. Ainsi que des photos de son Papa.
Chez son Papa, le Babi a ses jouets, son lit et son univers à LUI. Il distingue bien sa chambre « chez papa » et sa chambre « chez maman ».
Pour son Papa. Il est certain que la distance doit lui peser. Et c’est pour ça que je fais au maximum pour qu’il en profite. Il vient nous voir aussi de temps en temps le week-end et dors à la maison comme un vieil ami avec qui on aurait un trésor en commun. Je pense qu’on a trouvé un bon compromis. Même si cela est difficile pour lui, il le voit, le lien est là. Constant.
Coupable ?
Oui, je me sens coupable. Coupable d’avoir fait du mal à son papa. Car dans la situation inverse, voir mon fils une fois tous les 15 jours serait insurmontable pour moi. J’ai l’impression parfois de le priver de son fils, même si je fais de mon mieux. Coupable aussi, de laisser mon chéri parfois et d’avoir ce lien étroit avec mon ex. Mais c’était le prix à payer pour se réveiller tous les jours ensembles et construire notre vie.
Il ne faut pas se le cacher, la difficulté est là et même si pour le moment nous ne sommes pas passés devant le juge car on se fait mutuellement confiance.
Je suis pas chiante, quand il prend des vacances, je lui laisse. Quand il veut appeler, je suis là. Quand il réclame une photo je lui envoie.
Aujourd’hui je ne regrette rien, même si desfois les allés et retours me pèsent car le vendredi nous avons la route, le lundi l’avion à 7h, plus l’heure et demi de voiture pour rentrer à la maison etc. C’est comme ça. Je met un mouchoir dessus, et je fonce sans trop réfléchir sur le moment. Car tout ça, c’est pour lui, mon Babi. Et même si quand j’y pense, j’ai peur qu’un jour il m’en veuille de pas voir son papa aussi souvent qu’il le voudrait…cette peur me paralyse, ou qu’il décide un jour de partir vivre chez son lui. Je ne préfère pas y penser car j’en ai les larmes qui coulent. Mais ça reste la réalité. Alors en attendant, je donne tout. Je fais au mieux.  Je m’adapte, je ne peux pas bosser pour le moment car les allés/retours sont incompatibles avec un travail. Je me donne du temps, et je réfléchis à d’autres projets, que je pourrais adapter à cette nouvelle vie.
Pour conclure, je dirais que composer avec tout ce petit monde n’est pas chose simple, mais on y travaille. Tous ensemble. Le plus dur au final est pour le nouveau conjoint qui doit accepter la situation telle quelle. Il doit aussi épauler la maman un peu névrosée sur les bords, qui culpabilise parfois beaucoup de mal faire les choses. Mais ça c’est encore à travailler.
On a jamais finit en fait, de réfléchir, de composer et de travailler sur soi. On avance chaque jour comme ça, on pleure parfois mais on garde la tête haute. Pour eux. Nos enfants.

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